Acte I, scène 1 - Adaptation de Michel Belletante

Modifié par Fustin

ACTE I

scène 1

FILIPPO —Il faut nous délivrer des Medici, Lorenzo. Tu es un Medici toi-même, mais seulement par ton nom... Si tu as jamais été quelque chose d’honnête, sois-le aujourd’hui. Dix nouveaux citoyens bannis !

LORENZO — Oui, oui, je sais cela

FILIPPO — C'est tout ce que tu trouves à dire ? Es-tu dedans comme dehors une vapeur infecte ? LORENZO — Ne me parle pas sur ce ton !

FILIPPO —Toi qui m’as parlé d’une liqueur précieuse dont tu étais le flacon... LORENZO — Je suis précieux pour vous, car je tuerai ALESSANDRO. FILIPPO — Toi ?

LORENZO — Moi, demain ou après-demain. Rentrez chez vous et je vous répète que d’ici à quelques jours il n’y aura pas plus d’ALESSANDRO de Medici à Florence qu’il n’y a de soleil à minuit.

FILIPPO — Tu es notre Brutus, si tu dis vrai.

LORENZO — Je me suis cru Brutus, mon pauvre FILIPPO ; maintenant, je connais les hommes, et je te conseille de ne pas t’en mêler.

FILIPPO — Pourquoi ?

LORENZO — Je me suis réveillé de mes rêves, rien de plus. Je te dis le danger d’en faire. Je connais la vie, et c’est une vilaine cuisine, sois en persuadé. Ne mets pas la main là-dedans, si tu respectes quelque chose.

FILIPPO — Toutes les maladies se guérissent Lorenzo ; et le vice aussi est une maladie.

LORENZO — Il est trop tard. Le vice a été pour moi un déguisement ; maintenant il est collé à ma peau. Profite de moi, FILIPPO : voilà ce que j’ai à te dire : ne travaille pas pour ta patrie.

LORENZO — Prends garde à toi, FILIPPO, celui qui te le dit sait pourquoi il le dit. Prends le chemin que tu voudras, tu auras toujours affaire aux hommes.

FILIPPO — Je crois à l’honnêteté des républicains.

LORENZO — Je te fais un pari. Je vais tuer ALESSANDRO ; une fois mon coup fait, si les républicains se comportent comme ils le doivent, il leur sera facile d’établir une république, la plus belle qui ait jamais fleuri sur la terre. Qu’ils aient pour eux le peuple, et tout est dit. Je te gage que ni eux ni le peuple ne feront rien. Tout ce que je te demande, c’est de ne pas t’en mêler. Laisse-moi faire mon coup ; garde-moi le secret, même avec tes amis, c’est tout ce que je demande. Tu as les mains pures, et moi, je n’ai rien à perdre.

FILIPPO — Fais-le, et tu verras. Musique

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